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Alimentation :
Agriculture bio : le nouveau règlement européen à la loupe
Depuis le 1er janvier 2009 l’agriculture biologique relève d’un nouveau règlement européen dont le logo ci-contre ![]() remplace le logo national AB sur les étiquettes depuis le 1er juillet 2010. Ce règlement qui s’applique à tous les pays de l’Union européenne certes conforte la garantie des produits « bio », mais introduit aussi la controverse en autorisant, loi du marché « bio » oblige, plus de non-bio dans le bio. Côté consommateurs Les produits alimentaires « bio » se distinguent des produits conventionnels par un logo sur l’étiquette, des informations sur le produit, ses ingrédients et ses additifs, le nom de l’organisme certificateur.
Actuellement, en France, le logo officiel caractéristique de l’agriculture biologique est la marque « AB ». Mais il existe aussi des marques privées qui ont un cahier des charges plus strict et le conservent puisque le nouveau règlement européen, comme nous allons le lire, concerne les marques nationales publiques. Ces marques privées sont : « Nature et Progrès », « Déméter », « Bio équitable ».
Ainsi tous les produits alimentaires composés de 95% à 100% d’ingrédients « bio » sont reconnaissables sur les étiquettes aux indications suivantes :
Logos en usage jusqu’au 1 er juillet 2010
![]() La mention d’origine des matières premières agricoles apparaît sur l’étiquette de la façon suivante :
La garantie « bio » Tous les produits alimentaires certifiés « BIO » ou « ECO », estampillés comme indiqué ci-avant, garantissent les règles de production suivantes (article 4 du règlement CE référencé ci-dessus) dans tous les pays de l’Union européenne (les règles nationales sont caduques sauf pour les marques privées qui conservent leurs cahiers des charges) :
Les OGM dans le “bio” L’utilisation d’OGM et de produits obtenus à partir d’OGM ou par des OGM comme aliments destinés à l’homme ou à l’animal est interdite en production biologique, à l’exception des médicaments vétérinaires. Les articles 4 et 9 du nouveau règlement CE 834/2007 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits « bio » sont formels. L’article 9 interdit même la présence d’OGM dans les auxiliaires technologiques, les produits phytos, les engrais, les amendements du sol, les semences, les micro-organismes, les animaux. Cependant, vous ne le verrez pas sur l’étiquette car ce n’est pas obligatoire, il est admis un seuil dit « techniquement inévitable » de 0,9% d’OGM dans le « bio ». Autrement dit un aliment « bio » contenant jusqu’à 0,9% d’OGM peut être labellisé « bio » sans que le consommateur en soit informé sur l’étiquetage. Ce seuil ne fait pas l’unanimité car il s’agit d’un seuil d’étiquetage, le seuil de détection d’OGM étant lui de 0,1%. Côté importations Depuis le 1er janvier 2009, pour être reconnus « bio » en Union européenne, les produits alimentaires « bio » des pays tiers (hors UE) doivent :
Côté agriculteurs Le nouveau règlement européen est plus « permissif » que l’ancien. Loi du marché du « bio » oblige, il autorise de nombreuses dérogations que tous consommateurs de produits « bio » est en droit de savoir.
En effet, si pour être reconnus et étiquetés « bio » avec le logo européen ou français, les produits alimentaires doivent être à au moins 95% « bio », il n’en est pas de même des animaux qui les produisent ainsi que de l’alimentation animale. C’est la controverse.
En clair, un élevage « bio » peut comporter jusqu’à 10% d’équidés et bovins femelles adultes non « bio » et 20% de porcins, ovins, caprins femelles adultes non « bio ». Cela existait déjà. Le nouveau règlement européen introduit un nouveau régime de dérogations qui permet ainsi, depuis le 1er janvier 2009, l’introduction jusqu’à 40% de cheptel ovin, caprin, porcin, bovin non « bio » dans un élevage « bio », lors :
Conversion du non « bio » en « bio » La conversion d’une exploitation conventionnelle en exploitation « bio » est vivement encouragée et même aidée. Outre les engagements auxquels sont tenus les agriculteurs qui se convertissent en « bio » (les demandes d’engagement sont à retirer auprès des DDAF/préfectures après engagement auprès d’un organisme certificateur agréé), les nouvelles règles de conversion sont les suivantes :
Les aides à l’agriculture « bio » L’agriculture « bio » bénéficie de trois sortes d’aides au niveau national, des aides régionales et départementales peuvent exister aussi (voir DDAF, conseils généraux et régionaux) :
par
Daniel Roucous droucous@laterre.fr Références : règlement CE 889/2008 du 5 septembre 2008 d’application du nouveau règlement CE 834/2007 du 28 juin 2007 relatif à la production biologique et à l’étiquetage des produits biologiques. |
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