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Service public postal :
Succès de la Votation pour La Poste
Plus de 2 millions de personnes (selon l’AFP) ont voté pour la défense du service public postal et contre la privatisation de La Poste. Dans l’Aude,près de la moitié des communes du département ont organisé la « votation citoyenne » contre la privatisation du service public postal.
Une litanie. Ou un raz-de-marée. Dans l’Aude, la liste des communes où l’on pourra se prononcer sur l’avenir du service public postal n’en finit plus de s’allonger, témoignant de la force du mouvement de refus de la casse de la Poste qui s’y exprime depuis plus d’un an. D’après Serge Lépine, maire (PCF) de Camplong et président de la Coordination départementale de défense de la Poste, 200 communes organisent cette semaine la « votation »... dans un département qui en compte 438. Soit près d’une commune sur deux : du jamais vu ! Dans le lot, on compte nombre de communes rurales, certaines impliquées dans cette bataille depuis l’origine - comme Camplong ou Douzens - ou depuis : Bages, Gruissan, Sallèles-d’Aude, Puivert, Espéraza, Luc-sur-Orbieu, Saint-Hilaire, Axat, Durban... Mais le signe qui ne trompe pas, c’est que les villes sont à présent dans le coup : d’ouest en est, Castelnaudary, Carcassonne (qui vient de basculer à gauche), Limoux, Lézignan, Narbonne, Coursan... Autant dire dans tout le département, cette semaine va être marquée du sceau de la défense du service public. Et que les oreilles des dirigeants - nationaux ou locaux - de La Poste risquent de tinter très fort ! Sans Poste, le désert s’installe La raison de cette mobilisation qui risque d’avoir peu d’équivalents en France ? La bataille - dont La Terre s’est fait régulièrement l’écho - menée depuis près d’un an par la Coordination départementale. Une Coordination créées en novembre 2008 et qui rassemble bien au-delà des clivages politiques, autour d’une idée simple : défendre le service public postal, c’est défendre la vie du territoire, c’est défendre la ruralité en tant que lieu de vie et de travail. « Dans les petites communes, le départ de La Poste a des conséquences : les écoles disparaissent, le désert s’installe en milieu rural » expliquait Gérard Barthez, maire de Ferrals, recevant en sa mairie, la semaine dernière, les représentants de la Coordination départementale. Monsieur le maire sait de quoi il parle puisque, comme des dizaines d’autres communes du département ces dernières années, il s’est vu imposer par La Poste la transformation de son bureau en agence postale communale (APC), aux services réduits et aux coûts assumés... par les contribuables locaux. C’est aussi ce qui explique le succès des actions de la Coordination. Serge Lépine : « En dix mois, la Coordination a fédéré 70 maires, du Piémont d’Alaric au Grand Narbonne. Récemment, les parlementaires audois, le Conseil général et l’Association des maires du département nous ont accordé leur soutien. » Avec à l’appui quelques actions spectaculaires - pique-niques vignerons et autres - la Coordination a fait de la défense du service public postal une bataille emblématique de ce pays, déjà secoué par la crise viticole qui laboure le pays, de Corbières en Minervois et de Fitou en Limouxin. Sans compter la dégradation des services publics (SNCF, hôpitaux, EDF...) et des services de l’Etat (perceptions, gendarmeries...) telle qu’elle est organisée, ici et dans tous les autres territoires ruraux. S’exprimer pour défendre les services publics Elus et citoyens mobilisés ont ainsi fait reculer La Poste et arraché de premières victoires. La plus importante : le moratoire sur les fermetures de bureaux de Poste dans le département. Pour eux, la « votation citoyenne » de cette semaine est à la fois un aboutissement, un prolongement et la promesse de continuer la lutte. « Tout nous échappe, la santé, l’énergie, les transports ferroviaires », explique un élu interrogé par le Midi Libre. Pour lui, le référendum est « comme une pétition géante. Les services publics sont notre bien commun, nous devons nous exprimer pour les défendre. » Sur le plan national, on espère ici que cette action contraindra le gouvernement et l’Elysée à organiser un « vrai » référendum, officiel, à l’image de ce qui s’est passé en 1992 pour le traite de Maastricht. Et sur le plan local, pas de doute pour Serge Lépine : « La direction départementale de La Poste recevra les représentants de la Coordination. Sinon, il y aura du bruit devant sa porte pour entendre ce qui remonte du monde rural ! » Dans l’Aude comme ailleurs, la résistance est une force qui va... La fin de la présence postale en questionQuand on s’en prend à La Poste, on s’en prend aux territoires ; mais la réciproque est tout aussi valable. Quand au début de l’année Nicolas Sarkozy annonce son intention - confirmée depuis - de supprimer la taxe professionnelle (TP), la menace d’assèchement des ressources des collectivités locales est évidente, et ces dernières ne manquent pas de faire entendre leurs inquiétudes. Mais il y aurait aussi un « dommage collatéral » pour les usagers de La Poste en milieu rural et en zones urbaines défavorisées, puisque du même coup on supprimerait le financement de la présence postale territoriale. Cette mission de service public est en effet financée, aujourd’hui, par un fonds de péréquation. Or ce fonds, doté de 140 millions d’euros par an (ce qui, selon les syndicats, laisse environ 240 millions d’euros à la charge de La Poste...), est alimenté par une exonération de la taxe professionnelle dont bénéficie La Poste. Notons au passage que ce procédé permettait déjà de faire financer la présence postale par une ponction sur les finances des collectivités locales. Mais demain, la suppression de la TP ferait disparaître du même coup le financement de la présence postale, sans aucune garantie de déplacement. Interrogé sur ce point par le quotidien le Monde, le ministre de l’Industrie Christian Estrosi assurait le 23 septembre qu’une « contribution se substituera à cet abattement », sans autre précision. De quoi susciter l’inquiétude, surtout pour qui se souvient des projets consistant à confier directement aux collectivités la charge d’organiser la présence postale... et de la financer. Avec les impôts locaux. par Olivier Chartrain
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