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Intempéries. Polémique :
"Economiser", disaient-ils...
Moins d’Etat pour moins de dépenses, les économies d’aujourd’hui sont les emplois de demain : passée au révélateur des grands froids, la rengaine de la « réforme » de l’Etat apparaît dans la nudité crue du mensonge.
« Si on réforme l’Etat, c’est pour les Français », brame Nicolas Sarkozy en présentant, au printemps 2008, le plan pour la « modernisation des politiques publiques ». Objectif : réaliser 11 milliards d’euros d’économies d’ici 2011, sur les quelque 272 milliards que compte le budget de la France. Dans ce but, un axiome : l’emploi public est en général une dépense inutile ; et un credo : le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant en retraite. A ce rythme, 100 000 emplois de fonctionnaires ont disparu depuis 2007, et 34 000 de plus doivent être supprimés cette année - dont 16 000 dans l’éducation.
L’hôpital n’est pas épargné : alors que les 900 suppressions de postes envisagées par la direction de l’AP-HP (Assistance publique-Hôpitaux de Paris) déclenchent la colère du monde médical face à cette mise en danger de la pointe avancée de la santé en France, dans tout le territoire cette politique a conduit à multiplier les fermetures d’hôpitaux de proximité, de maternités, de services d’urgence... Et le projet de fermer tous les blocs opératoires réalisant moins de 1 500 opérations par an, qui risque d’entraîner la fermeture de près de 200 blocs, aggravera encore la situation.
Pour quelles économies, quand la désorganisation des services de l’Equipement permet qu’à la première chute de neige, l’activité économique de régions entières se retrouve bloquée ? Pour quelles économies, quand la casse du fret SNCF jette des milliers de camions supplémentaires sur les routes, avec un bilan carbone désastreux auquel il faut ajouter la coûteuse détérioration du réseau routier ? On pourrait multiplier les exemples : la réalité, c’est que ce qu’on économise sur le dos de millions de Français n’est pas perdu pour tout le monde. A commencer par les 14 000 ménages bénéficiaires des 15 milliards du « bouclier fiscal »...
par Olivier Chartrain
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