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Société :
Les femmes sont-elles l’avenir de l’agriculture ?
Un nouvel agriculteur sur deux est une femme. Devenir agricultrice devient un vrai choix de vie. Malgré des progrès sociaux indéniables, leurs emplois restent plus précaires que ceux de leurs homologues masculins.
« Je fais la traite du matin, les comptes et je gère les gîtes à la ferme. » Comme son époux, Marie-Noëlle Orain a l’emploi du temps chargé d’un exploitant agricole. Et le même statut : associée au sein de l’EARL familiale (1), une ferme laitière à Châteaubriant (Loire-Atlantique). Auparavant secrétaire, elle a rejoint son mari à la ferme en 1982. Mais ce n’est qu’en 1994, après une nouvelle formation, qu’elle est devenue chef d’exploitation. Comme Marie-Noëlle, un quart des chefs d’exploitation français sont des femmes. Une proportion qui pourrait passer à 30 % d’ici 2020. Car aujourd’hui, un nouvel agriculteur sur deux est une agricultrice. Ce chiffre recouvre des parcours variés : dans 80 % des cas, il s’agit de conjointes qui reprennent l’exploitation de leur mari à sa retraite. Une génération de cinquantenaires « venues à l’agriculture par hasard », comme le souligne Marie-Noëlle Orain. Reste 20 % de nouveaux projets, souvent portés par de jeunes femmes qui ont fait de l’agriculture leur choix de vie. Le métier se professionnalise, mais, dans le même temps, de plus en plus de conjointes n’exercent aucune activité sur l’exploitation. Elles sont aujourd’hui 100 000, apportant de un revenu d’appoint qui peut être salutaire pour le foyer (lire page 8). « Certains poncifs sont toujours vivants »Comme dans le reste du monde du travail, les femmes prennent une place de plus en plus importante en agriculture. Le statut de conjoint collaborateur et les formes sociétaires (Gaec, EARL...) ont permis d’améliorer leurs droits. Mais elles exercent souvent leur métier avec des statuts moins protecteurs que leurs homologues masculins. « Pendant douze ans, se souvient Marie-Noëlle Orain, je n’avais même pas mon propre numéro de sécurité sociale. » Plus souvent salariées que les hommes, les agricultrices sont aussi plus fréquemment à temps partiel... et peu présentes dans les structures syndicales. « Il y a une misogynie relativement violente dans le milieu para-agricole : les banques, les assurances, le conseil technique..., souligne Régis Hochart, secrétaire national de la Confédération paysanne. Certains poncifs sont toujours vivants, comme celui qui veut que les femmes s’en sortent moins bien, que l’agriculture est un métier d’hommes... » Un constat confirmé par Marie-Noëlle Orain : « Nous avons toutes un jour entendu le marchand d’aliments ou le commercial de la coopérative demander à parler au patron. » Régis Hochart propose un « statut égal dès lors qu’il y a deux exploitants sur une ferme ». « Notre statut s’est amélioré, reconnaît Marie-Noëlle Orain. Mais les choses évoluent très, très lentement. Il faut toujours être vigilante. » [1] [1] (1) Exploitation agricole à responsabilité limitée. par Yannick Groult
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