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Société :
Témoignages
« Nous voulions être reconnues »Pascale Delallet, femme d’agriculteur, Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne). « Je me suis installée en tant que femme d’agriculteur en 1982. Je faisais la traite matin et soir, et le soin des animaux. Dans la journée, j’avais le temps de m’occuper des mes enfants. Aujourd’hui, les femmes sont plus reconnues dans le métier car nous avons fait des actions au niveau des Groupements de vulgarisation des agricultrices : on se rencontrait entre agricultrices, on racontait ce qu’on vivait, ce qu’on espérait (reconnaissance en tant qu’agricultrice). Le Limousin était plus en retard que certaines régions, mais ce n’est plus le cas parce que beaucoup de femmes sont agricultrices : soit parce qu’elles ont les mêmes diplômes que les hommes, soit parce qu’elles ont le statut de chef d’exploitation. Auparavant, l’installation d’une femme était mal perçue, car pour les autres personnes de la profession, la femme n’était pas capable. On ne leur faisait pas autant confiance qu’aux hommes. » « Aussi dur pour les hommes que pour les femmes »Camille Bardou, en classe de terminale, bac pro, Aveyron. « L’agriculture m’a toujours passionnée depuis que j’ai 15 ans. J’aime le contact avec la nature, les animaux. Dans deux ans, après mon bac pro CGEA (Conduite et gestion de l’exploitation agricole) et mon BTS ACSE (Analyse conduite des systèmes d’exploitation), je vais m’installer avec mon père qui a une exploitation de bovins lait. Les femmes sont mal vues mais elles peuvent faire le même travail qu’un homme. Aujourd’hui il y a plein de contraintes, que ce soit pour les hommes ou pour les femmes : il faut faire attention aux charges. Pour ceux qui ne sont pas enfants d’agriculteurs, ça va être très dur pour s’installer. C’est plus difficile qu’auparavant à cause de la crise, du coût de l’installation. Les exemples de femmes que je vois autour de moi m’ont motivée. Tout le monde a sa place en agriculture. Les collègues de mon père voient mon installation d’un bon œil car il ne faut pas laisser les exploitations vides. » « Devenir viticultrice, c’était naturel pour moi »Fanny Bel, 29 ans, viticultrice à Luzech (Lot). « Sur le domaine familial, mon père était la sixième génération de viticulteurs. Quand j’étais plus jeune, mes parents m’emmenaient dans la vigne, mais c’était la corvée... J’ai fait des études de droit, ça ne m’a pas plu du tout. Quand j’avais 20 ans, ma mère m’a proposé de venir tailler les vignes pour me faire un peu d’argent. J’ai découvert que j’aimais bien vivre avec la nature, sentir la fatigue le soir après une journée de travail. Je me suis associée en 2005 avec ma mère, mon père étant retraité depuis deux ans. Dans mon secteur, je constate qu’il y a de plus en plus de femmes viticultrices, et notamment beaucoup de jeunes. Avant, on était femme de viticulteur. Aujourd’hui, on ne se pose plus de questions. C’est naturel pour une femme de devenir viticultrice. Le monde a changé. Pour le vin, c’est même plutôt un avantage d’être une femme. Il paraît que les vins faits par des femmes sont plus fins ! » |
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