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Remembrement :
De l’utilité des haies en cas de tempête
La tempête Xynthia, elle n’est pas le première, a révélé un méfait du remembrement : la suppression des haies comme coupe-vent mais aussi « digues » naturelles. C’est l’occasion d’ouvrir un dossier sur ce que dit le droit rural à propos des haies notamment dans le cadre du remembrement et du voisinage.
Haies et remembrement Depuis 2005, date d’application de la loi du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux, le remembrement ne s’appelle plus ainsi mais « aménagement foncier rural » ou « aménagement agricole et forestier ». Il n’est plus sous l’autorité du préfet mais sous celle du président du conseil général (article L121-1 du code rural) qui a faculté d’interdire la destruction des haies (article L121-19 du code rural). ![]() Le remembrement a supprimé 70% des haies en 50 ans ! Cependant, le préfet dispose toujours de la faculté de prévoir la protection des haies, existantes ou à créer, soit dans le cadre de la protection des formations linéaires boisées, soit quand le propriétaire foncier en fait la demande (c’est obligatoire lorsque le preneur d’un bail rural veut supprimer les haies). Il s’agit là de l’application de l’article L126-3 du code rural. S’il en décide ainsi, il doit prendre un arrêté de protection qu’il transmet au président du conseil général et aux mairies concernées pour affichage durant 30 jours. Ces prérogatives des présidents de conseils généraux et des préfets prévalent (article L126-6 du code rural) lorsque les commissions communales ou intercommunales d’aménagement foncier décident, en application de l’article L123-8 du code rural alinéa 2, l’arrachage de haies pour l’exploitation de parcelles. A l’inverse, l’alinéa 6 de cet article, permet auxdites commissions de remettre en état ou de créer des haies. A noter également les termes de l’article L442-2 du code de l’urbanisme qui soumet à autorisation préalable du maire ou du préfet, tous les travaux ayant pour effet de détruire un élément de paysage identifié par un POS ou un PLU ou une délibération du conseil municipal tel que les haies. Les haies ont donc les outils juridiques pour être protégées ou créées, question de volonté politique. Les projets d’aménagement foncier devant faire l’objet d’une enquête publique (durée 1 mois), les habitants concernés ont tous loisirs de faire appliquer ces textes auprès des commissaires enquêteurs. Haies et bail rural Le preneur d’un bail rural n’est pas libre de supprimer des haies sur le fonds loué... même pour réunir des parcelles morcelées afin d’améliorer les conditions d’exploitation (article L411-28 du code rural).
Il doit en faire la demande par lettre recommandée avec avis de réception au bailleur ? Celui-ci dispose alors de deux mois pour accepter ou refuser par écrit, sachant que s’il ne dit rien à l’issue de ce délai, cela vaut accord pour la suppression des haies.
Cependant, même avec l’accord du bailleur, qu’il l’ait écrit ou qu’il se soit tu, le preneur ne peut pas supprimer les haies dans plusieurs cas :
Les bailleurs ont la possibilité d’inclure dans le bail rural y compris lors du renouvellement une clause dite « environnementale », dans certaines zones protégées par la loi, notamment la création, le maintien et l’entretien des haies (article L411-27 du code rural). Haies et conventions agricoles Certains agriculteurs ont passé des conventions avec l’Etat par le biais de CAD (Contrat d’agriculture durable) ou de CTE (Contrat territorial d’exploitation). Or, ces contrats comportent des clauses agro-environnementales qui obligent à respecter la législation en matière de protection notamment des haies. Par exemple les CTE Natura 2000 incitent soit à conserver et entretenir les haies mais également à en créer. Règles pour planter des haies Avant de planter une haie, vive (arbres, arbustes ou arbrisseaux) ou sèche (palissades etc.), il faut penser à son voisin. Pour qu’il n’ait rien à redire, il faut respecter une distance de recul par rapport à la limite séparative. Cette distance est déterminée par les règlements particuliers existants ou les usages locaux, constants et reconnus. S’ils font défaut ou s’ils ne disent rien, c’est la distance légale définie par l’article 671 du code civil qui s’applique, à savoir :
Créer ou reconstituer une haie d’arbres, arbustes ou arbrisseaux ou une haie sèche, ne nécessite aucune déclaration préalable (DP), sauf dans les périmètres des secteurs sauvegardés et dans les sites classés mais aussi dans les secteurs délimités par un PLU ou si la commune a pris une délibération soumettant les haies comme toutes clôtures à DP. Droit et devoir des propriétaires Les haies vives doivent régulièrement être élaguées qu’elles soient en limite de propriété ou mitoyennes y compris les haies d’un champ limitrophe d’une propriété privée (article 673 du code civil). Il n’y a pas de prescription car en aucun cas, elles ne doivent causer de problèmes de voisinage.
Simplement si la haie est mitoyenne, l’entretien se fait à frais communs (article 667 du code civil).
A propos de mitoyenneté, l’article 666 du code civil estime que toute haie servant de clôture entre deux héritages est réputée mitoyenne, à moins qu’il n’y ait qu’un seul héritage en état de clôture ou s’il n’y a titre, prescription ou marque contraire. Attention les haies en bord de route sont présumées appartenir aux riverains.
Si c’est le cas, voici quelques règles relatives à la mitoyenneté de la haie :
Aides et indemnités La protection ou la création de haies est aidée (article L126-6 du code rural) :
par Daniel Roucous - droucous@laterre.fr
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