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Petite enfance :
Les communes rurales mutualisent leurs moyens
Face à des investissements trop élevés, les communes rurales se regroupent pour accueillir les jeunes enfants. Une véritable « tendance », observe Bruno Lachesnaie, directeur à la CCMSA. Exemple avec les maisons d’assistantes maternelles.
Le 1er avril, les parents de Noyant-d’Allier et de Châtillon pourront amener leurs bambins à la maison d’assistantes maternelle (MAM). Deux professionnelles y accueilleront six enfants : un soulagement pour ces deux communes rurales du Bourbonnais (Allier) qui regroupent 1 000 habitants. Le principe de cette structure associative ? « Le bâtiment a été créé par les communes et mis à disposition des assistantes maternelles », explique Maurice Chalmin, élu au conseil municipal de Châtillon. Un investissement de 60 000 euros, financé à 20 % par les municipalités. Le reste est pris en charge par plusieurs subventions : Conseil général, Etat, Crédit agricole ainsi qu’une partie provenant de la réserve parlementaire de Mireille Schurch (sénatrice PCF de l’Allier). « Les communes n’interviennent pas dans la gestion, ajoute l’édile, ce sont les familles qui paient le salaire des assistantes maternelles. » Côté fonctionnement, diverses subventions viennent aussi compléter le budget : Caisse d’allocations familiales (CAF), Mutualité sociale agricole (MSA) et communauté de communes. Une solution « assez adaptée aux communes rurales », juge Maurice Chalmin. Les MAM « assez adaptées aux communes rurales »Les regroupements d’assistantes maternelles sont une des pistes privilégiées par le sénateur Jean-Marc Juilhard (UMP) dans son rapport sur l’accueil des jeunes enfants en milieu rural. Ce parlementaire du Puy-de-Dôme appelle à « promouvoir leur développement ». Une crèche s’avère souvent trop onéreuse pour de nombreuses communes rurales. Mais leur « faible potentiel financier (...) ne constitue pas un obstacle » pour les MAM, argumente le sénateur. Les MAM ne sont pas pour autant la panacée. D’abord parce que, sous prétexte de libérer l’offre d’accueil, le gouvernement s’apprête à niveler la qualité de l’accueil. Un décret en préparation (lire page 4) vise notamment à diviser par deux le temps de formation des assistantes maternelles. Le gouvernement compte autoriser les MAM « sans déterminer la moindre règle de fonctionnement et d’encadrement de responsabilité, de sécurité », comme le dénonce le collectif « Pas de bébés à la consigne ». Depuis quelques années, les communes rurales expérimentent de nombreuses solutions : micro-crèches, haltes-garderies itinérantes, multi-accueil... Leur point commun : regrouper plusieurs communes. « C’est une tendance que l’on observe de plus en plus », remarque Bruno Lachesnaie, directeur à la Caisse centrale de la MSA (CCMSA). Car pour beaucoup de communes rurales, c’est « la seule façon de passer à l’action ». En matière d’accueil de la petite enfance, le milieu rural a commencé à rattraper son retard. Des efforts auxquels la suppression de la taxe professionnelle mettrait un coup d’arrêt. par Yannick Groult
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