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Lait :
Un office du lait pour sauver la profession ?
L’Association nationale des producteurs de lait indépendants va créer un office du lait, parce que le système actuel ne fonctionne plus.
Il est des initiatives pour le moins ambitieuses. Et celle de l’Apli (Association nationale des producteurs de lait indépendants) ne fait pas exception. Face à un système « qui ne fonctionne pas, dont l’orientation qui va lui être donnée ne fonctionnera pas », explique Pascal Massol, président de cette association, un « office du lait » va bientôt voir le jour. « Nous avons décidé de monter notre propre système, pour prouver que dans l’interprofession, ce sera quelque chose de pluriel : qu’en plus des transformateurs il doit y avoir les distributeurs, les consommateurs et les responsables politiques », soutient-il. Un système qui devrait voir le jour assez rapidement, et qui a pour but de se décliner au niveau européen. « Nous sommes en train de travailler pour savoir comment partager les pouvoirs. Nous allons discuter pour trouver un système intelligent qui soit productif pour tout le monde », poursuit-il. « En parallèle, nous allons lancer le lait équitable, pour prouver que l’on peut très bien percevoir 400 euros la tonne, et toute la filière vivra décemment », un lait équitable tant financièrement que du point de vue gustatif, pour « redonner ses lettres de noblesse au rayon laitier », dévoile Pascal Massol. « Des gens nous prennent pour des fous »Depuis sa création en décembre 2008, l’Apli a toujours opté pour une position critique envers le système actuel, en faisant quelques propositions. « Aujourd’hui, nous faisons plus que proposer, nous réalisons », indique Pascal Massol. « Tout le monde trouve cette idée géniale, se vante-t-il. Le projet séduit beaucoup de monde (...) j’espère que ça va se concrétiser. » Le système actuel a montré ses limites, et va entraîner, selon le président de l’Apli, « 40 % de faillites avant la fin de l’année. Et ce ne sont pas les 60 % qui resteront qui auront les capacités de produire les 40 % disparus. » Du coup, l’association se targue de pourvoir faire entrer « 20 % des producteurs dans l’office du lait », ce qui représenterait, si ces prévisions s’avéraient exactes, un volume de 3,5 à 4 milliards de litres de lait, soit « le deuxième opérateur français derrière Lactalis ». « Il y a des gens qui nous prennent pour des fous, mais de toute façon, le monde a toujours changé avec des utopistes, et j’en fais partie », explique-t-il encore. Et de conclure : « Si on est 15 000 producteurs, vous vous rendez compte de la force commerciale que ça nous donne ? » A suivre. par Julien Gourcerol
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