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Patrimoine :
La Dombes, paradis des poissons d’étangs
En papillote, fumés, en terrine, en quenelle, en fondue, cuits au four, au court-bouillon, à la poêle, les poissons et cuisses de grenouilles des Dombes se dégustent de multiples façons.
La Dombes, plateau d’origine morainique (dépôt de sable, de cailloux et d’argile), est un vaste territoire situé au Nord-Est de Lyon. Délimité à l’ouest par la Saône, au sud par le Rhône, il l’est par la rivière Ain à l’est et avec la Bresse dans sa partie nord. Longtemps principauté administrée par des princes exerçant des droits régaliens tel la frappe de la monnaie, elle est rattachée au royaume de France en 1762. De nos jours elle est avec la Bresse, le Bugey, le Pays de Gex et le Revermont, l’un des cinq « pays » du département de l’Ain. Plus de mille étangs creusés par les moinesIl y a très très longtemps, la Dombes fut envahie par le glacier dit du Rhône. Lorsqu’il se retira en se réchauffant il y a 25 000 ans, il laissa derrière lui des dépressions plus ou moins profondes recouvertes d’un dépôt d’argiles morainiques. Ainsi naquit un immense marécage peuplé de moustiques vecteurs d’épidémies de paludisme. Il resta en l’état jusqu’au 11e siècle. A cette époque, des moines décident de l’assainir. Ils creusent plus de mille étangs, y installent une herbe aquatique, la laiche, et les alevinent. Ils avaient très bien travaillé et auraient pu en rester là. Mais ils pensent déjà qu’il sera nécessaire de vidanger les étangs de temps en temps. A cet effet ils mettent au point d’une part des thous, sortes de petites écluses relevées pour vider la moitié des étangs tous les deux ans, et d’autre part des biefs, petits bassins creusés à leurs côtés pour recueillir les eaux de vidanges et les poissons qui les peuplent. Les pêcheurs professionnels et amateurs s’organisent alors pour récupérer les superbes carpes, brochets, tanches, sandres, silures, gardons et divines grenouilles que les familles, restaurateurs et industriels de l’agroalimentaire apprêtent pour le plaisir de nos palais. Les alevins sont remis à l’eau dans les étangs non vidangés. Que deviennent les étangs vidés ? Ils s’assèchent complètement pendant deux ans. Enrichis des déjections des poissons et oiseaux aquatiques, ils servent de pâturages ou sont mis en culture avec du blé, de l’avoine... Deux ans plus tard encore, ils sont remis en eau. Ainsi continue le cycle. Une zone abritant 131 espèces d’oiseaux migrateursZone humide d’importance internationale pour les oiseaux migrateurs, la Dombes abrite en permanence 131 espèces d’oiseaux nicheurs. Parmi eux, le canard colvert, le chipeau, le souchet, le milouin, le faucon crécelle, la foulque, le héron cendré, le grèbe à cou noir, la nette rousse, la guifette moustac... Les rejoignent au printemps des migrateurs trouvant là d’excellentes conditions pour se reproduire avant d’aller s’installer plus au sud en automne. Avec eux des cousins allemands et scandinaves. Ces grands voyageurs font étape ici pour se reposer et se nourrir avant de poursuivre leur périple. En sortant de table vous en rencontrerez en visitant le parc ornithologique de Villars-les-Dombes. Nous vous suggérons de terminer votre journée au village médiéval de Pérouges. Entrez à L’hostellerie du Roy. Les maîtres du lieu vous proposeront la galette locale avec une bonne bouteille de cerdon, rosé pétillant excellent lorsqu’il est servi bien frais. Fermez les yeux et dégustez ! par André Danger
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