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Droit coutumier :
Du bon usage de la cueillette des champignons
Avant d’aller aux champignons, n’oubliez pas que l’endroit où ils se trouvent, ce n’est pas chez vous, qu’ils ne sont pas en libre-service, que c’est une coutume basée sur la tolérance, non un droit, et que leur cueillette est réglementée. Avis aux amateurs.
Sur la propriété des champignons Qu’ils gîtent dans les bois, dans les champs, les prés, les garrigues, les champignons ne sont pas en libre-service. En effet, ils appartiennent au propriétaire du bois, de la forêt, du champ, de la garrigue, du pré où ils se trouvent. La loi dit bien (article 547 du code civil) que « les fruits naturels de la terre (c’est le cas des champignons) appartiennent au propriétaire par droit d’accession. » Ce propriétaire peut être une personne privée (propriétaire foncier, agriculteur, forestier etc.) comme publique (commune, ONF, groupement foncier ou pastoral, société de chasse, établissement public etc.). Et alors ? Alors, la cueillette ne doit pas se transformer en ruée, incivisme, pillage, comme c’est hélas souvent le cas. Elle ne doit pas non plus servir à certains cueilleurs de fond de commerce. La tolérance a ses limites, celles du respect de quelques principes et de la règlementation que nous détaillons ci-après. Les bonnes pratiques
Tout cueilleur qui n’est pas le propriétaire des lieux où poussent les champignons, doivent savoir :
![]() Attention, certaines espèces de champignons sont protégées et donc interdites de cueillette. De plus en période de chasse, prudence. Les propriétaires face aux cueilleurs inciviques
Les propriétaires confrontés à des cueilleurs inciviques ou ignorants, c’est-à-dire qui ne leur ont pas demandé l’autorisation alors qu’elle s’impose, qui ne respectent pas les lieux ou qui dépassent les limites en matière de quantité, peuvent agir sur les bases suivantes :
Le propriétaire est une commune ou l’ONF
Sur les propriétés publiques, la cueillette des champignons relève du même principe que sur les propriétés privées, c’est une tolérance. L’explication est que les champignons sont la propriété de la commune ou de la section de commune ou de l’ONF, propriétaires du terrain communal ou de la forêt communale ou domaniale.
Donc, une autorisation peut être exigée, les quantités sont limitées, le respect des lieux s’impose etc. De plus, s’agissant d’un espace privé ouvert au public, la cueillette des champignons peut être :
La revente n’est pas tolérée
La cueillette de champignons est, nous l’avons lu, une tolérance. Cette tolérance est basée sur l’autoconsommation et une quantité limitée. Ainsi donc, il n’est pas toléré que le cueilleur revende les champignons qu’il a cueillis chez autrui. Précisons que le paiement au propriétaire d’un droit de cueillette (permis, autorisation onéreuse etc.) n’autorise pas pour autant la vente des champignons récoltés.
Cela dit, si le cueilleur revend, il le fait à ses risques et périls, considérant que :
Les 12 commandements éco-citoyens du cueilleur de champignons1. Il ramasse juste ce dont il a besoin pour sa consommation familiale. 2. Il respecte les panneaux “propriété privée”, “cueillette interdite”, ou “cueillette réglementée”. Il demande l’autorisation au propriétaire, même s’il n’y a pas de clôture ni de panneau d’interdiction. 3. Il évite de piétiner excessivement les sous-bois car cela tue progressivement les champignons en éliminant le réseau de racines mycéliennes. 4. Il se garde de pénétrer dans les semis et plantations. 5. Il cueille le champignon avec précaution. Il n’utilise pas de râteau, de pioche ou de crocs. 6. Il se renseigne précisément sur les champignons comestibles ou dangereux et il vérifie auprès d’un pharmacien compétent s’il a le moindre doute ! 7. Il ne détruit pas les champignons dangereux ni ceux qu’il ne connaît pas. Il faut préserver la biodiversité de la forêt. Les champignons et les arbres constituent ensemble l’écosystème “forêt”. Ils échangent entre eux des éléments indispensables à leur vie. 8. Il gare son véhicule à l’entrée de la forêt, choisit un stationnement qui ne gêne pas les activités forestières ou agricoles, et respecte les routes fermées. 9. Il respecte les lieux, les animaux, les clôtures et la flore. 10. Il ne laisse aucun détritus en forêt. Il ne fait pas de feu et se renseigne sur la réglementation en matière de port d’allumettes ou de briquets en forêt. 11. Il cueille avec parcimonie, il apprend à connaître les autres espèces comestibles sans danger, pour répartir la pression de cueillette... Il faut que les champignons puissent se renouveler ! Ramasser les champignons avec soin et sans excès, c’est préserver la récolte de demain ! 12. Il porte les champignons ramassés dans un panier, sans les mélanger avec les espèces douteuses, qui peuvent contaminer les autres et empoisonner ! (source : Forêt Privée Française) par Daniel Roucous - droucous@laterre.fr
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